Sur l’accouchement, la dissociation et les récits fabriqués
Il y a huit ans, j’accouchais de mon fils.
Pendant la grossesse, je me suis nourrie de récits de possibles comme on se prépare à une traversée sacrée. Accouchement naturel. Sans péridurale. Corps souverain. Femme consciente. Douleur habitée, apprivoisée, presque désirée. J’ai tout lu, tout absorbé, tout aligné. Pas par curiosité, mais par nécessité. Il ne s’agissait pas seulement de mettre au monde un enfant, il fallait produire une expérience. Donner du sens. Transformer l’accouchement en rite de passage, en preuve silencieuse de maîtrise. Pas juste accoucher mais réussir mon accouchement.
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